Cette lettre ouverte d’une maman féministe à une élue nous est parvenue le jour de la Journée mondiale des droits des femmes. Elle pratique l’instruction en famille : nous la publions ici in extenso.

Chère Madame,

J’apprécie votre souci concernant le droit des femmes, et admire votre dévouement. Nous avons besoin de femmes dans votre position qui nous protègent.

Je me considère comme féministe. Je suis reconnaissante d’être née à une époque où les femmes ont le droit de voter, d’avoir l’éducation de leur choix, de travailler dans la carrière de leur choix. J’ai personnellement bénéficié de la liberté de faire tous ces choix et j’en ai profité. Un des choix que j’ai fait a été de changer ma vie professionnelle, au plus fort de ma carrière d’ingénieur, une carrière dans laquelle j’excellais, une carrière que j’adorais. Pourquoi ai-je fait ça ? Pour être plus présent pour mes enfants, que j’aime encore plus.

Je comprends que ce choix peut sembler comme un recul pour le droit des femmes. Un recul, au temps où les femmes restaient à la maison et comptaient sur leur maris. Quelle est la différence entre la situation des générations passées et celle des femmes modernes qui choisissent de s’occuper spécifiquement de leurs enfants ? Le choix. C’est un choix fait délibérément, en bonne conscience.

Lorsqu’un avocat fait le choix de devenir agriculteur, ou qu’un comptable choisit de devenir enseignant, nous respectons son choix. Nous les félicitons d’avoir trouvé leur voie, leur bonheur. Mais quand une femme décide de suspendre sa carrière pour s’occuper de ses enfants, pourquoi remet-on en cause son raisonnement ? Pourquoi cela semble suspect ? Pourquoi ne la félicitons-nous pas simplement, confiant qu’elle est tout à fait capable de faire de bons choix ? N’est-ce pas une forme d’anti-féminisme de l’empêcher de faire ce choix ?

Je partage ce graphique intéressant, ci-dessous, qui montre l’évolution sur cinquante années du nombre de minutes que les mères et les pères passent chaque jour avec leurs enfants. Dans tous les pays, les pères sont plus présents pour leurs enfants. Il en va de même pour les mères dans tous les pays, à l’exception de la France. Nous passons de moins en moins de temps avec nos enfants. Notre préoccupation pour les femmes en France ne doit pas concerner les mères qui veulent être avec leurs enfants. Il n’y a rien au monde de plus naturel, de plus sain que le lien mère-enfant !

Encore une fois, je suis reconnaissante d’avoir la capacité d’être avec mes enfants et d’assurer leur éducation et leur bien-être. Je n’ai pas de regrets. Quand j’imagine ce qu’aurait été ma vie si j’avais choisi ma carrière plutôt que mes enfants, il est clair que les avantages ne sont que matériels. J’apprécie davantage mes enfants et nos liens familiaux. N’ai-je pas le droit de placer cette valeur au-dessus de l’argent ? Je vois la vie comme un processus constant d’évolution et d’adaptation. Je suis actuellement en mode famille, ce qui me convient très bien. Il y aura des changements dans mon rôle dans le monde, à mesure que mes enfants grandissent, et je me réjouis d’avance.

Veuillez donc conserver le droit de pratiquer l’Instruction En Famille (IEF), sans restrictions, ni demande d’autorisation. C’est un droit fondamental pour toutes les femmes, tous les hommes, toutes les familles et tous les enfants.

Sincèrement,

Sandra Baudrier

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